France | Ain

Pendant cet hiver, j’ai souvent dit que c’était le printemps. Comme nous y sommes enfin, je peux dire que désormais c’est l’été ! Les saisons prennent de l’avance cette année et un bon 25°c est annoncé pour la journée de ce mi-avril. Les skis sont rangés et je retrouve les sentiers pédestres (ah qi’il est doux de ne plus se lever à 4h du matin pour le ski de printemps !). Si la douceur perdure, nous allons battre le highscore de 2003, les glaciers sont prévenus !
Pour commencer en douceur, je choisis le Jura, côté français au-dessus de Genève. En 2007, j’avais eu l’occasion d’aller au plus haut sommet, Crêt de la Neige et l’occasion m’est donnée de poursuivre la visite du secteur. Ce sera depuis (presque) le Col de la Faucille pour longer la crête jusque vers les Crozet (station de ski). Si je suis en forme je pense aller jusqu’au Crêt de la Neige, mais la distance est grande.
La route du Col de la Faucille est fort fréquentée par les vélos et les motos de course qui se lâchent. Départ depuis Le Pailly, virage avant le Col de la Faucille pour monter par le Chemin de la Vire de Chaux. Le ton est donné, tout le dénivelé semble concentré ici. L’ail des ours est bien présent dans cet début de montée, j’en prendrai au retour. La chaleur est là et je me contente d’un T-Shirt. En rejoignant la crête, le vent assez fort se ressent, mais la chaleur permet de ne pas ajouter de couche. Le vent sera assez fort tout le long de la crête.
Un panneau indique que ce Chemin de la Vie de Chaux est fermé du 1er décembre au 15 avril pour cause d’avalanche. Nous sommes le 09 avril, mais la neige est partie depuis longtemps !
Je fus déçu en arrivant sur la crête de voir que l’herbe était encore sèche, je pensais trouver une végétation plus avancée, comme en plaine. Il y avait quand même les crocus, assez nombreux, pour égayer mes pupilles.
Je visite une antécime du Petit Montrond (arrivée du téléski) puis par une succéssion de montées, descentes assez tranquilles, je passe au Mont Rond pour continuer par la crête. Le vent vient rappeler que nous sommes sur une crête. Il y a quelques passages au bord de la falaise avec des protections devenues, avec l’âge, inutiles.
Avant le Pas de l’Echine, j’avais vu sur la carte la mention d’une grotte-abri (vers le Chalet de la Chenaillette), je descends pour une visite, mais un névé bouche l’entrée et m’interdit l’accès. Cette grotte semble assez spacieuse. Je remonte pour atteindre Le Colomby de Gex qui semble le terminus pour ceux que je croise. Une vieille croix marque le sommet (les sommets précédents était seulement marqués par des gros cairns). La croix est assez moche, une inscription devenue illisible (juste pû lire Gex 1907), une tombe transformée en siège pour des randonneurs. Je prends les photos et part vite, le vent m’y incitant. Ensuite je traverse une combe (Les Voyrières) qui est abritée du vent pour mon grand plaisir.
Lorsque j’arrive au-dessus du Col de Crozet, c’est l’extase, le secteur est rempli, que dis-je déborde, de narcisses jaunes. Je marche au travers, m’assois parmi ces belles fleurs, mitraille de photos (avec le Mont-Blanc en fond). Que du bonheur ! C’est le plus joli coin à fleurs de toute ma journée. Dur de quitter ces lieux !
Je commence à sentir la fatigue et décrète que Montoiseau (après le Col de Crozet) sera mon sommet terminus. Je profite de la superbe vue sur le Mont-Blanc et la plaine du Rhône pour la pause casse-croute.
Après, je repars, mais par le chemin sous la crête. Après le téléski, le chemin est faiblement tracé, il suit des piquets. On passe devant le Creux de Praffion puis le chalet du même nom. A partir de ce chalet, plutôt que de descendre le long du chemin et remonter plus loin, j’ai décidé de suivre la ligne de niveau. Passage dans une forêt clairsemée où on navigue à vue, mais à la sortie je fus surpris de rencontre une sente qui je pense doit être le reste d’un (vieux) sentier.
Je rejoins un large sentier sous La Pétolière puis le Chalet Bévy où je poursuis mon parcours hors piste le long de la courbe de niveau. Cette fois-ci ce sont les vaches qui ont tracé une sente que je remercie … en mangeant mon saucisson de boeuf !
Je retrouve un sentier qui m’amène au Chalet de Branveau. Je vois deux personnes que je salue, dont l’une fait du Yoga, mais la salutation est restée sans réponse. Pas bon le Yoga, ça vous vide l’esprit … et les codes de bonne conduite 🙁
J’arrive en haut du Creux de l’Envers, en bonne partie dans l’ombre vu l’heure. Une route de 4×4 descend, mais sur la carte un sentier par sur la gauche, sous la crête. Disons le de suite, c’est une fort mauvaise idée, mais je ne l’ai su qu’après !
Ce sentier n’est plus visible ou faiblement. Je le suis et j’arrive devant un ravin où la faible trace disparaît. Je traverse ce ravin et remonte une croupe puis le lit d’une rivière en II. Pour l’instant encore sympathique. Puis je vois une sente que je suis. Début aisé puis les aulnes viennent compliquer sérieusement la vie. En bas je vois la route de 4×4 et telle une sirène qui m’appelle, j’abdique et descends au mieux vers elle qui me tend les bras (enfin surtout les pieds). Dans ma fuite, je découvre un coin remplit de nivéoles, ah un peu de baume au coeur !
Et à force de descendre je retrouve la sente (celle sous la crête, j’étais parti plus haut) et la sirène n’a plus eu d’effet ! Je finis par retrouver plus loin la route de 4×4 et désormais je reste sage, fini le hors piste !
Je passe devant le Chalet des Platières où une fontaine (dans le Jura c’est rare), me permet de recharger ma gourde et de faire mes ablutions. Par une suite de route puis chemin, j’arrive à La Quible où il me suffit de suivre la route pour retrouver le scooter, bien fatigué !
Après analyse des traces GPS, cela fait 27 km et +2200m de dénivelé, bigre pour une randonnée de reprise débonnaire, c’est costaud !