Une randonnée à laquelle je pensais depuis longtemps, faire le tour des deux cabanes du Petit et Grand Mountet au-dessus de Zinal. L’unique problème de Zinal est la distance pour y arriver, cela m’a fait deux heures de trajet depuis chez moi (Saint-Prex, VD) et accessoirement une route soit défoncée, soit en travaux, soit les deux si vous êtes chanceux !
Je me gare après Zinal, Barme sur la carte, juste devant le panneau interdiction de circuler. Je déconseille d’aller après, car lors de mon arrivée un policier en voiture venait distribuer des prunes à 40, non pas degrés d’alcool comme le propose les distilleries locales, mais en CHF (je ne connais pas le tarif exact) ! Je pars à 10h et longe la rivière La Navisence dont la couleur de l’eau “lait de glacier” est bien jolie, section de mise en jambe. Au pont du Pt1731, on change de rive, il faut monter à droite (perpendiculaire à la rivière) sur 100m (aucune indication et le chemin se perd ici) pour retrouver le chemin de la cabane du Petit Mountet. C’est une route forestière, qu’il est possible de suivre jusqu’à cette cabane, mais vu les détours qu’elle fait, je conseille plutôt la version chemin pédestre (il y a deux possibilités, j’y viens).
Peu après sur la droite, un panneau indique la direction des Anciennes Mines de Cuivres de La Lé, 15 min. J’avais vu l’indication sur la carte, mais elle n’est pas au programme du jour. Pour une visite, il faut s’inscrire à l’office du tourisme de Zinal. Un dépliant est disponible à la cabane du Petit Mountet. Après le lieu dit Le Vichiesso, une bifurcation propose deux chemins pour la cabane du Petit Mountet, 40 min pour la version courte en forêt, 1h pour une version dans les hauteurs, mais qui fait monter pour redescendre. Sachant que la journée sera longue je prends l’option 40 min.
Ce chemin est bien sympathique et en pente régulière. Il y a plusieurs chaines que je ne peux que dédier aux touristes hollandais (mais utiles par temps humides). Vers le milieu du chemin on sort de la forêt et découvrons le massif du Besso. Une partie dans les rochers puis la dernière montée sur le reste d’une moraine, section courte, mais pentue. J’y dépasse plusieurs personnes qui ne semblaient pas apprécier à sa juste mesure l’effort. J’arrive à la cabane du Petit Mountet (2142m), à 11h20. En partant une autre personne exprimait sa grande lassitude. Cette cabane est donc pour touristes ! Je fais une petite pause et en profite pour visiter cette cabane qui a une douche !
Je reprends ma route et à partir d’ici cela va faire mal aux mollets non affutés. Un panneau décourage les touristes. Ce chemin est assez récent, car au retour, en face, on voit des restes de l’ancien sentier (non praticable) juste au-dessus de la moraine. Donc le chemin monte fort, tout en zigzags et pentu. Fort bien fleuri et des myrtilles au début. Vers 2400m, le sentier se décide enfin à partir à flanc de montagne. Sur ce long tronçon, il y a aura bien des chaines, plus en soutien psychologique. Je n’en ai pas utilisé une seule, mais à chacun sa sensibilité aux pentes un peu vertigineuses.
On finit par arriver au Plan des Lettres, à côté du Pt2561, un endroit magnifique. C’est un plateau avec un étang et ses nombreuses fleurs linaigrettes. Je me suis mis en pédale douce, pour profiter de ce lieu. A la fin de ce plateau, il y a bien des lettres (vu le nom, c’est presque normal !) gravées dans la terre herbeuse. Sûrement encore une action des martiens ou des illuminatis !
Le sentier reprend son tracé à flanc, puis sur une ancienne moraine. Là, le nouveau tracé fait descendre droit dans la pente de la moraine. Cette section n’est pas terrible, c’est pentu et gravilloneux. Les derniers mètres sont mêmes raides et offrant peu d’appuis, les bâtons furent donc appréciés. On arrive ainsi sur le glacier qu’on ne voit pas car complètement recouvert de pierres et roches. Il suffit de suivre les plots et marques rouges, il n’y a pas besoin de matériel spécifique. On progresse en sautant souvent de rochers en rochers. Je croise une famille dont le grand-père me dit qu’il a parcouru (forcément il y a longtemps) cette section tout en glace et c’était plus facile. On progresse brièvement sur la glace, facilement car des gravillons permettent une belle accroche.
Puis arrive le morceau de bravoure, tel le monstre final dans les jeux vidéo. Il faut remonter la moraine (via le Pt2664). Pour faire simple, le chemin oscille entre pentu et raide, gravilloneux et parfois instable. Toute cette première section est équipée de cordes, je m’en suis parfois servi pour me tracter. La cabane n’est pas du tout visible et ne se découvre qu’à la fin. Le chemin retrouve une section calme puis retour dans les rochers pentus. On débouche sur le plateau de la cabane, qu’enfin on découvre, mais le chemin décidément très s’en va par le chemin des écoliers (sur la carte le chemin se dédouble sous la cabane et in situ le marquage rouge devenait incompréhensible car à profusion). Je passe devant une ruine (mentionnée sur la carte, ancienne cabane ?) et arrive à 14h45 à la cabane du Grand Mountet (2886m).
Après une visite photographique de la cabane, je fus réjouis d’avaler mon casse-croute qui pour la première fois fut insuffisant. Peu avant de partir je revois, le guide Daniel Ruppen avec qui j’ai fait le Bishorn. Cette cabane est fréquentée par des alpinistes en grosses chaussures, corde et piolet sur le sac. Je me sentais presque un touriste avec seulement mon sac à dos ! La météo s’est bouchée pendant ma pause, juste eu le temps de prendre un panorama. La vue est belle sur la Couronne Impériale avec Roc Noir en son centre.
A 15h45, départ pour suivre le chemin normal, il faut environ 3h pour rejoindre Zinal. J’ai trouvé ce chemin (rive droite du Glacier de Zinal) plus agréable. Il y a des sections pentues, avec des câbles utiles aux touristes hollandais ou en cas de pluie, des bonnes séries de zigzag, mais il n’y a pas de section raides. Par contre que c’est long et interminable ! J’ai adopté un rythme plus tranquille, pensant à mes genoux avant qu’ils ne me rappellent à l’ordre.
Le chemin finit par bien descendre au Moming, à travers quelques arbustes et le long d’une paroi, puis on se retrouve sur un chemin doux et enfin la route de la montée. Après 9h (dont 1h de pause), je retrouve mon scooter … sans prune !

























































































































































































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