Suisse | Valais

Danger d’avalanche à 3, neige fraiche, soleil annoncé. Secouez le tout et il en sort … rien ! Je sors les topo Labande, mais il faudrait louer une voiture Mobility et je n’ai pas envie. Pour certains c’est des envies de fraises en plein hiver et pour moi ce sera une non envie de voiture. C’est grave docteur ?
Donc avec le danger 3, Crêta de Vella visité la semaine passée s’impose à moi. Le bus du matin, toujours un peu trop matinal à mon gout (au printemps je le trouverai tardif), me dépose à Bourg Saint Pierre. La couche de neige est plus importante et le froid aussi (-7°c). Je ne reproduis pas mon erreur de mettre les peaux dès le départ et file vers le Pont de Tsarevesse. C’est la foule des grands jours, le CAS des Diablerets et d’autres groupes dont un avec une chienne qui reçoive une remarque qu’il faudrait la tenir en laisse car nous sommes dans une Zone de Tranquillité. Ma théorie, plus latine, me dit que si le chien ne coure par après les bêtes, pourquoi se compliquer la vie. Surtout qu’un border collie rêve de moutons par de chevreuils !
Donc top départ sur ce pont, par la route tranquille. J’aime bien ce début en douceur, certes à l’ombre, mais c’est sympathique. Le CAS ayant le rythme de leur maillon faible, je me retrouve devant avec le petit groupe ayant le border collie, nommée Tsonga (la chienne doit beaucoup aimer les balles !). On sort de la forêt après 50 min (depuis le parking) vers 1740m.
On rejoint la ferme Les Arpalles dans la grande tradition soviétique de la mise en valeur du béton. A partir de là, c’est le passage pentu de la course pour rejoindre le plateau entre Les Creux de Mourin et la Chaux de Champ Long. On se rapprochait de la limite 3 du danger d’avalanche, situé à 2200m ce jour et il a fallu jouer avec le relief pour minimiser la pente. Nous sommes partis assez à droite, en solo je n’aurai pas pris cette option, mais en groupe c’est différent. Pas mal de conversions, petites attentes pour respecter les distances de délestage, mais in fine, la neige étant soufflée et le fond dure, ça passait bien. Par rapport à ma montée de la semaine dernière, par La Niord, cette section est plus pentue. Par La Niord, on suit le chemin d’été qui est plus doux et la forêt est sécurisante.
Une petite pause sur le plateau puis descente à l’ombre pour traverser un ruisseau et repartir en montée au soleil dans la Chaux de Champ Long. C’est assez tranquille car la pente est inférieure à 30°. On rejoins sans soucis le vaste plateau sommital de Crêta de Vella (2519m). Le panorama est très agréable, nous sommes entourés de quelques 4000m et le paysage ratisse un peu en Italie, la France et la part du lion est en Suisse. La température est de -10°c, mais sans vent et au soleil, ce fut très agréable.
Après la pause, le groupe descend sur Liddes, comme je l’ai déjà réalisé la semaine dernière, je les laisse aller et descend sur les traces de montée. Une neige excellente, gavage de poudre et soleil, l’overdose n’existant pas. Après le ruisseau, retour à l’ombre pour une partie de pousse bâtons et passer sous la ferme de Champ Long. On retrouve la pente juste après, dans une neige poudreuse sur fond cartonnée moins agréable. Il faut se jouer des aulnes prêts à vous foncer dessus. Puis on retrouve la route de la montée qui se descend telle une piste de luge.
Terminus de la descente au Pont de Tsarevesse, mais pas fin de la partie car il reste à remonter à Bourg Saint-Pierre. En fin de parcours, peu réjouissant et j’ai porté les skis à la main. Le souffle court et la langue pendante, je finis par arriver au parking où le bistrot local m’a offert, enfin contre espèce sonnante et trébuchante, la boisson de D. Cuche.