La veille, je suis monté au refuge d’hiver de Salanfe pour y passer la nuit. Je pars du refuge vers 6h du matin, +5°c devant la porte. La neige à l’ombre est pourtant dure et je longe le barrage de Salanfe, profitant des premières lueurs de la journée sur la Tour Salière et une partie des Dents du Midi. Le départ est assez plat et sera au retour un long faut plat. Après Plan Château, la pente se redresse et j’arrive au soleil, la neige devient déjà lourde. Le bulletin d’avalanche a annoncé un regel vers 2500m, l’altitude du Col de Susanfe. Je poursuis donc dans cette neige, à travers d’anciennes coulées. Mon coeur commence à battre la chamade, me rappelant que la nuit fut courte.
J’arrive au Col de Susanfe, j’espérais revoir l’abri Jordan (bivouac du Col de Susanfe).
Au Col de Susanfe, j’ai la grosse surprise de voir qu’il n’y a plus (excepté quelques névés) de neige pour la suite. Je mets les skis sur le sac et file à pied via le chemin d’été. En résumé, porter les skis et marcher avec les chaussures de ski n’est pas ce que je préfère ! En milieu de parcours, une crampe a pointé le bout de son nez (forcément crochu). Je l’ai renvoyé dans ses 20m via des pastilles de magnésium, mais 1h plus tard elle revient se présenter (sans invitation d’ailleurs), mais j’avais épuisé la potion magique ! C’est elle qui m’a renvoyé dans mes 20m. Je fus quitte pour composer avec, m’accordant des répits.
Dans les derniers 50m ,je sors les crampons, la neige humide reposant sur une couche de glace qui m’avait déjà donné des frayeurs plus bas. J’arrive vers 11h45 à la Haute Cime des Dents du Midi, bien fatigué. Je prends mes photos, tout content quand même d’avoir persévéré, la vue est belle !
Après 25 min de repos pour les muscles, je descends la face S vers 12h10. Neige de printemps puis très vite lourde, mais skiable. J’arrive au Col des Paresseux (celui qui a donné ce nom, a du le faire depuis son bureau sans jamais avoir mis le nez dehors !) et bascule dans la face E. Le départ est un brin pentu et surtout toujours en neige lourde. Je minimise mes trajectoires, le danger d’avalanche ayant augmenté. Un peu plus bas, je découvre qu’en m’arrêtant, je déclenche une coulée qui engendre une avalanche de surface, parfois importante. J’ai trouvé cela fort agréable car il me suffisait d’attendre et de passer derrière, la neige étant plus dure, enfin moins molle ! J’ai répété ces opérations jusqu’en bas du Pessot, vers Sex Rouge (tiens un Sex Rouge de plus). Dans les dernières pentes, la neige était pourrie, d’habitude je n’aime pas ce type de neige, mais lors de ma sortie au Refuge de Buffère, le guide Greg m’a donné des conseils pour corriger mon style. Je m’en suis souvenu et ai mis en application : de suite cela allait mieux et j’ai même eu du plaisir ! C’est bon d’entendre de précieux conseils et de progresser !
Il me restait ensuite à traverser le plateau de Plan Château, de pousser puis marcher le long du barrage de Salanfe (ce faut plat est le défaut de cette course). Je retrouve le refuge de Salanfe, récupère quelques affaires, puis me lance dans les pentes douces du vallon de La Salanfe. Au col du Pt1775, c’est la fin du ski, il faut désormais porter les skis et descendre la longue route pour Van d’en Haut (c’est quand même plus marrant quand on peut la descendre à ski !).
J’arrive à Van d’en Haut, à 14h45, exténué, mais heureux de ma journée et je peux dire enfin que je termine ma saison de ski 2011-2012.
























































































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