Suisse | Vaud

Sur Tanney

Il arrive parfois que choisir le nom pour une randonnée relève de la gageure. Le nom du sommet est la règle, parfois avec les antécimes, on s’arrange encore, mais quand il n’y a plus rien, que faire ? Inventer un nom. Donc la randonnée du jour est dans ce dernier cas, un point côté sur la carte et rien d’autre. Je me trouve dans le secteur du barrage de l’Hongrin, canton de Vaud sous les Tours d’Aï et Mayen, versant N.

Route de l’Hongrin

Un vaste parking est disponible après Joux Noire en longeant la route de l’Hongrin. Elle est fraisée, mais pas salée donc en général il faut composer avec une neige dure ou gelée.
Un anticyclone perdure depuis plusieurs jours et il faut composer avec les orientations pour trouver de la neige. D’ailleurs toutes les faces S sont purgées. On se croirait au printemps.
Je longe brièvement la route et chausse les skis. L’endroit est calme, le lièvre en profite vu les nombreuses traces.

Le Corsat

Je monte tranquillement par une vaste pente qui s’enfile ensuite dans une tranchée parmi les épicéas. Puis un dévers où la vue s’ouvre au loin sur les Alpes. La sente bifurque parmi des arbres morts dont il ne reste que les troncs. Ça ressemble à un feu.

Pt1735

Je débouche sur un sommet, Pt1735, assez vaste, mais c’est la vue qui est le plus intéressant : les Tours d’Aï et Mayen se dévoilent. Superbe.
Une brève descente, j’ai du mal à évaluer la suite du programme surtout que je vois des traces sur la droite. Eh ben non, c’est à droite, parmi des arbres puis en dévers à l’ombre.

Sex des Placettes

J’atteins alors le haut d’un plateau, Tanney (d’où le nom que je donne au sommet !). Là, il faut filer à droite dans une combe raide qui monte sous le Sex des Placettes. Ce massif rocheux est superbe avec sa partie sommitale acérée. Superbe avec le ciel bleu d’aujourd’hui.
Par contre la montée est raide et les conversions serrées. Un passage avec de la neige chauffée. Vers le haut, un dévers nous permet de remonter la dernière pente. Mes conversions sont presque à 180°.

Sur Tanney

Je parviens sur une vaste croupe. Wouah, la vue sur les Tours Mayen et Aï. Là je progresse et arrive sur un petit replat sous le Pt2020 en visitant la droite du pays par manque de neige. Il serait possible de descendre là, il me faut désormais poursuivre à pied, le terrain est déneigé … mais le sol gelé. La vie est dure et injuste, je sais ! J’arrive au sommet, que j’appelle donc Sur Tanney. L’espace vital étant faible, je préfère descendre sur la crête et marquer une longue pause sur un semblant de col. Il y a de l’espace pour se reposer, mais seulement pour 2-3 personnes. Bien des traces de chamois ici.

Tanney

Après une longue pause, je descends la pente raide, d’abord en dévers puis en skiant. Wouah que la neige est bonne, le versant N gardant une neige excellente. Que du bonheur ! J’arrive sur le vaste plateau de Tanney. Mais où est la suite ? J’hésite et je me retrouve plus bas que mon topo. Je fouine un peu et constate que je suis au-dessus de la barre rocheuse du Sex du Truey. Il faudrait la contourner par la gauche, vers 1700m. Remettre les peaux ? Pas envie. Alors je tente de poursuivre le bas du plateau, des traces de skieurs m’y incitant.

Il faut éviter de filer sur la gauche, à moins d’aimer les barres rocheuses et se garder de descendre à main droite, plein N. Je m’enfile dans une forêt, ski cross parfois. Mais ça passe.

Joux Noires

Je débouche dans le haut d’une combe. Je visite l’arrière pays, mais décide de la descendre. Belle combe à skier. Vers le bas, j’arrive sur une piste tracée par les militaires, la finesse n’est pas leur spécialité, mais je skie dessus. Comme piste de ski de fond, je connais mieux, mais cela me permet de remonter à la ferme de Joux Noires. Là, je continue sur cette trace de chenillettes et retrouve la route. Je la longe et rejoins le parking du jour.