Suisse | Berne

Gstaad, une région que je connais que peu, accédant aux sommets alpins (Wildhorn, Wildstrubel, …) par leur versant valaisan plus rapidement. Il me faut bien rattraper ce retard et ainsi voir la ville hébergeant le Johnny H. (pour faire aussi sérieux que 20min, je dirai que le nom est connu de la rédaction !) et son célèbre forfait fiscal !
Après 1h30 de trajet, via le Col du Pillon, j’arrive dans les hauts de Lauenen, à Züneweid (fin de la route et parking à disposition à In de Inbulé sur la carte). Depuis Lauenen, suivre les panneaux des vélos et bifurquer lorsque Züneweid est indiqué. La route est en très bon état et les champs sont magnifiquement entretenus. Nous sommes bien en suisse allemande et pas dans le Valais !
A 11h, je monte par la route et après Züneweid, il faut partir dans le pâturage, en suivant les piques. Le chemin se perd, mais c’est droit en haut. Puis on traverse une section boisée, puis de pâturage avec des vaches. Le terrain est gras de la pluie de la veille. Cette section est assez pentue. On sort des pâturages, on bifurque au Pt1942, passons devant un abri en bois, fermé, pour arriver au col Turnessattel (2086). Il y a une surprise ici car un robinet poussoir, avec une petite gamelle, permet de boire une eau assez fraiche. Quelle belle initiative.
Puis je bifurque par la large crête, avec son vieux mur de pierres sèches, pour le Louwenehore. Après le Pt2139, cela devient bien pentu, plusieurs pas de I, les mollets chauffent ! Dans le pierrier O du Louwenehore, une colonie de chamois s’en va. J’arrive au sommet du Louwenehore (2477m), flanqué d’un station météo. La vue est dégagée et s’ouvre des Alpes bernoises (Eiger, …) aux Diablerets. Que du beau monde. Sur la droite les préalpes fribourgeoises et derrière terra incognita pour moi, direction le Simmental. Les Alpes sont prises dans un cirrostratus et altostratus, avec quelques lenticullaires. Ce petit monde annonce une dépression, donc la pluie. D’ailleurs il a plu le lendemain.
Je ne reste que le temps de prendre les photos, puis pars pour le Giferspitz, chemin un peu sur la crête, mais surtout dans le flanc, O et surtout E. Sous le flanc E du Giferspitz, le chemin est légèrement incliné, les pieds ne sont donc pas à plat. Il y a une courte section où j’ai perdu le chemin et enfin pour rejoindre l’arête E du Giferspitz, il a une courte section raide, en pas de I (ou II selon votre niveau).
Je remonte la crête E, passe devant son gros cairn puis 5 min après j’arrive au sommet du Giferspitz (2542m). La vue est presque identique au Louwenehore, on gagne quelques sommets (Obergabelhorn, un petit bout du Cervin), mais on perd le Mont-Blanc ! Je ne m’attarde pas au sommet, une petite bise fraiche m’invitant à partir.
Je repasse devant le gros cairn et file sur l’arête N. On passe dans le flanc et jusqu’au Pt2376, le chemin se montre alpin, assez escarpé, avec des passages en I/II, certains sur des dalles (par temps de pluie, cela doit être mignon !). Après on trouve un chemin de crête confortable, même si parfois pentu. On arrive à la ferme Gifferhüttli et nous progressons alors dans un pâturage. En bas, je coupe dans le pâturage, pour rejoindre la route d’alpage de Berzgumm. Aux derniers chalets, je pensais suivre le chemin pédestre, je longe une large sente, presque gazonné qui mène nulle part ! Zut erreur, je coupe donc droit-en-bas et trouve une sente que je suis jusqu’à venir butter contre les barbelés du pâturage. Re-zut c’était une sente à vaches ! Je passe sous les barbelés et décide de descendre au mieux à travers la forêt. Je rejoins le haut du pâturage, un droit-en-bas pentu, me permet de retrouver le chemin vers Zingrisberg.
De là, le plus court pour rejoindre le Turnelssattel serait de monter par le vallon du Turnels, mais ça n’est pas à mon programme, en plus il est déjà en partie à l’ombre, et surtout c’est manquer la Wasseregrat. L’idée est d’arriver en haut du télésiège, à Dürrischilt. J’ai voulu m’éviter de descendre trop bas pour remonter et décide un peu de hors piste.
Depuis Zingrisberg, je traverse le pont enjambant le Turnelsbach, puis longe brièvement la route forestière descendant vers Gstaad. Je bifurque par une route raide pour la ferme Schwizgäblere. Après je coupe à travers les pâturages où se trouvent les vaches. Une section marécageuse, mais surtout ces pâturages sont infestés de barbelés, version j’en mets deux à trois hauteurs. Bref galère et difficilement recommandable. Si le télésiège est ouvert (essentiellement en août, voir les horaires pour Wasserngrat), ne vous privez de l’emprunter.
Au Pt1467, je retrouve avec bonheur la route d’alpage que je remonte. Il y a quelques raccourcis pentus. C’est la piste de descente des skieurs et pour la randonnée c’est plutôt inintéressant ! Donc en arrivant au sommet du télésiège (Dürrischilt), je fus bien content d’en finir, le coeur battant la chamade car il est déjà 18h et j’avais enclenché le turbo. Eh oui j’ai un peu surestimé le parcours, qui est long, et le fait que nous sommes tout juste en automne, le soleil se couchant vers 19h !
Un chemin pentu me permet de rejoindre le chemin du Wasseregrat/Bruëschegrat. Pour faire simple, c’est un chemin arraché à des pentes raides et couloirs, quelques sections sont protégées par des câbles, d’autres non (qui le méritent pourtant). Un petit passage sur l’arête, elle-même confortable, mais le flanc gauche aérien sur une courte portion. Ce chemin est côté rouge-blanc, je le mettrai plutôt bleu-blanc. Techniquement, cela ne dépasse pas le I, mais c’est le côté exposé qui pourrait en bloquer certains. Par contre ce chemin est de toute beauté, ce fut une énorme surprise pour moi, me faisant oublier les barbelés ! Plusieurs bancs jalonnent le parcours (pas toujours en bon état) et encore une surprise, je découvre la minuscule et jolie cabane Schutzhütte (ce nom me semble générique, cabane de protection !) qui marque la fin des difficultés. J’y arrive à 19h, le soleil se couche, magnifique. 10 min après je retrouve le Turnelssattel et son robinet poussoir, pratique pour mes ablutions. Je pensais engloutir le casse-croute, mais la nuit avance et je préfère descendre, par le chemin de la montée.
A 20h, je retrouve mon scooter, la lune m’éclairant, je n’ai pas eu besoin de la frontale. Cela fait donc 9h de balade, presque sans pauses.