Suisse | Valais

Vendredi magnifique journée et le weekend est prévu pluvieux et froid, zut ! Le front froid vient du N, donc je prévois d’aller au S où la perturbation n’est censé arriver qu’en milieu de journée. Et voilà comment je pars vers 7h pour La Fouly. J’y étais la semaine dernière, pour la Tête Ferret.
Je passe Lausanne, il pleuvine ! Mais ai-je bien fait de quitter mon edredon douillet ? J’arrive à La Fouly, +3°c, ai-je réellement bien fait de venir ? En plus j’ai froid aux pieds, je suis en scooter et je m’étais bien habillé, mais les pieds ne bougent pas beaucoup. Comme la pluie et le froid sont prévus, j’ai pris tout mon équipement (veste, pantalon, gants, bonnet, guêtres, protège sac, écharpe) et la veille j’ai graissé les chaussures.
Le temps de me préparer, un rayon de soleil apparait sur La Maye, en face de La Fouly : et voilà mon moral qui remonte. Je monte dans les pentes du télésiège, droit en haut pour me chauffer, puis les moutons sont encore dans leur parc et donc je suis la route qui monte à Le Barfay. J’ai encore le droit à quelques mini éclaircies et bouts de ciel bleu : les derniers de la journée !
Au Barfay, je pars derrière droit en haut, je rencontre un semblant de sente (de moutons ?) et à l’Alpage de La Fouly, je retrouve sous le télésiège le chemin officiel. Au loin le stratus, joli ! Le chemin passe à côté du terminus du télésiège puis file vers la crête. Je transpire un peu, mais je ne fais pas de pause pour garder la chaleur accumulée. Il y a plusieurs passages avec chaines, j’ai presque envi de dire pour touristes hollondais, mais pas temps humide elles doivent être utiles.
Puis vers 2400m, je les vois devant moi, nombreux.

  • quoi ? des extra-terrestres ?
  • mais non, ça n’existe pas et je ne m’appelle par Marcel Vincent
  • des éléphants roses qui sautent de branches en branches ?
  • ola, je sens qu’on abuse des productions valaisannes !
  • des edelweiss !

La semaine dernière, je suis monté à La Doste et j’avais lu que c’était un coin à champignons edelweiss, par contre je n’en ai vu aucun. Et ici c’en est plein. Par contre c’est la fin de saison (ils sont un peu fanés) ! C’est la première fois que j’en vois autant et en plus à 2700m on se remet ça ! Par contre il commence à neigoter. J’arrive au col Le Basset (2771m), la brume m’a rattrapé. J’avais pensé faire le tour par le haut de la Combe de l’A, passer le col du Nevé de la Rousse et revenir par Les Ars Dessus. J’hésite à me lancer dans ce grand tour, puis je vois sur la crête une sente que je décide de suivre pour voir où elle va. Et me voilà embarqué sur la crête. Il faut contourner par la droite le sommet du Pt2799, et je glisse dans l’herbe enneigée ! Me voilà prévenu ! J’avance prudement et je rejoins la crête. Un bouquetin part devant moi. Puis la sente devient aérienne et je décrete que c’est la fin, vu les conditions météorologiques. Dans les pentes herbeuses au S (Le Chardonnay), il y a un sentier sur la carte qui part du Pt2575 pour rejoindre le chemin de la montée. Je ne comprends pas bien l’interêt de ce chemin qui s’arrête à La Ravine des Ars. Je descends dans cette pente, avec précaution et l’aide des bâtons, la neige est là. Il me semble deviner des traces vers le milieu de la pente. J’arrive vers le sentier, je vois un bouquetin et je me gamèle à 1m du sentier ! Puis je vais voir où va mourir ce chemin, mais la brume m’empêche de voir au loin. Je pars sur ce chemin, en légère montée. Il se dédouble parfois. Je finis par rejoindre le sentier de la montée. J’en profite pour sortir mon équipement de pluie, excepté le pantalon.
Le sentier de la montée est désormais bien enneigé et c’est ambiance Holiday On Ice, et donc je marche au mieux à côté du sentier. Et je finis par rejoindre le secteur des chaines. Mazette, l’ambiance n’est plus au tourisme hollondais. Je prends en main une chaine, elle glisse sur les gants. Bein c’est joyeu ici ! Avec précautions je passe dans l’herbe, puis j’arrive à la chaine suivante. Celle-ci est raide, et le passage dans l’herbe est exclu, je tente une descente, puis je remonte. Avec grande précaution, je descends pas après pas. La dernière était encore en terre et fut passée sans soucis. Puis une longue descente le long de la crête pour retrouver les installations du téléski. Là j’ai suivi sagement la route. Les lanières de mes guêtres bottaient, première fois que ce phénomène ce produit.
La dernière pente, j’ai enjambé l’enclos des moutons pour couper à travers champ. Je me suis dirigé vers le restaurant en face de mon scooter, et pendant que je sirotais mon Ovo chaude, j’ai pu regarder la fin du match Federer – Djokovic où Roger fut en grand forme (7-5, 6-4, Master Shangai).
Je suis parti en automne et revenu en hiver.
Il me restait à déblayer la neige sur la selle du scooter et descendre pianissimo (0°c) tout en rêvant à la douche chaude qui m’attendait (de nouveau froid aux pieds) !
Webcam de La Fouly