Suisse | Valais

La Croix de Javerne

La Croix de Javerne est un sommet qui domine la vallée du Rhône à côté des Dents de Morcles. Il est surtout situé à un jet de pierre de la cabane La Tourche. La météo est annoncée belle en ce jour de Noël, mais la neige n’est que peu présente. Va pour les raquettes, même si l’itinéraire choisi vient du ski de randonnée.

Morcles

Il faut d’abord monter à Morcles avec ses nombreux virages (une trentaine) et sa route plutôt raide (enfin il y a pire !). Après le village poursuivre et devant la place d’armes de Dailley, suivre la route d’alpage qui n’est pas déneigée. D’ailleurs entre les cailloux et la neige sur la route, c’est presque rock’n roll. Surtout ne pas s’arrêter dans les virages ! Mission accomplie j’arrive au parking au bas du téléski des Martinaux. (en été réservé aux militaires qui doivent s’occuper à lancer des grenades).

Prabenau

Le lieu-dit est nommé Prabenau, mais c’est le départ du téléski des Martinaux. Hum, peu de neige, les raquettes seront-elles de trop ? Le doute m’assaille, mais je n’ai pas pris mes mini-crampons, va pour les raquettes.

Je pars tranquillement à travers le pâturage, passe devant un abri fermé et peu après je viens buter contre le ruisseau local. Bon, il faut suivre la route et je franchis aisément ce ruisseau. Je suis un chemin, mais une pente se dresse sur ma droite, rive droite du ruisseau. Dans les hauteurs un abri, sûrement de l’armée. C’est là qu’il faut monter. Mais ça semble bien raide. J’attaque le morceau par le côté gauche et me retrouve très vite sur les pointes avants des raquettes. Une coulée sur le flanc droite. Il y a l’ambiance ici. Donc c’est raide, courte, mais le plaisir est de retrouver à la lisière de la forêt une pente plus douce qui me permet de souffler.

Le Merieu

Désormais je m’enfonce en forêt, Le Merieu et c’est parti pour un long moment. Il y a de vieilles traces que j’arrive à suivre pendant un certain temps puis je les perds. Il faut donc monter à l’instinct. La forêt est peu commode avec bien des arbres couchés et parfois des branches basses. C’est donc une navigation tout en zigzags pour éviter les obstacles. Par contre la forêt est fort fréquentée par la faune locale, surtout des chamois et des écureuils. Le lièvre semble aussi apprécier les lieux. Une piste de renard et de chevreuil ou cerf (pas pu déterminer avec exactitude). Bref c’est un plaisir. C’est pentu (31°), mais sans plus.

Vers 1850m, je sors de la forêt dense pour une forêt clairsemée et vers 1950m, il ne reste que des arbres isolés.

Croix de Javerne

Mais il faut composer avec une neige délicate, 2cm de poudreuse sur fond dur : la raquette n’accroche pas et glisse en arrière. C’est ballot, je sais ! Me voilà obliger de monter droit en haut, sur les pointes avants. C’est physique et le cœur bat la chamade. Il me faut plusieurs mini-pauses pour reprendre le souffle. Cela me permet d’admirer les traces du lièvre et chamois qui virevoltent toujours dans le secteur. Les derniers 50m, la pente s’adoucit et j »arrive sur le petit plateau sommital de la Croix de Javerne.

Mazette que c’est beau … et que je suis essoufflé ! Le panorama ratisse large, de la Cime de l’Est des Dents du Midi, au Mont Blanc, Cornettes de Bise et juste sur le côté les deux Dents de Morcles majestueuses ! Grandiose.

Je reste là, profitant du soleil et de la vue pour la pause picnic.

Le Crêtelet

Après la pause, je poursuis par la crête confortable, avec encore le lièvre et un chamois en éclaireurs. Au Pt2060, un panneau jaune d’été offre plusieurs choix. J’hésite à filer à la cabane La Tourche. Une intense réflexion et quelques neurones grillés plus tard, je décide que je n’ai plus le temps. Gros chagrin, mais je me montre courageux et ne pleure pas ! Je poursuis par le chemin d’été, encore visible. Mais la neige délicate me complique la vie. J’arrive parmi des aulnes, au début c’est reposant, puis une section raide déversante, me donne des sueurs froides : la neige délicate offre peu de résistance. A chaque pas, je suis obligé de faire un travail de terrassier. Quoique cela me fait développer une nouvelle technique. Mais j’avance lentement !

Je finis par en sortir, tiens le Mont Blanc bien en vue. Je cherche la suite, descend un peu trop bas. Je trouve la route d’alpage et la ferme du Crêtelet (possible de s’y abriter, mais il faut dégager la neige).

Les Martinaux

Je poursuis sur la route, puis descend droit dans la pente … pour vite comprendre qu’avec la neige du jour cela ne va pas le faire. Je rejoins tant bien que mal le chemin d’été. Ah quel confort ! Ça change la vie ! Un régal ce chemin. Je coupe quelques virages et la dernières pentes pour le parking d’été des Martinaux, je coupe à travers champ. Une section toute douce me permet d’arriver à la buvette des Martinaux … qui est fermée ce jour. Zut, et impossible de rentrer tout est fermé à clé.

Un brin déçu, je poursuis par la route puis coupe sous le téléski. Je profite de visiter le départ des installations, cela fait un peu musée. Il me reste quelques pas pour retrouver la voiture.